ES SARNALHÈRS

Mon travail à Bausen, Val d’Aran a commencé en 2019 quand le projet d’un complexe immobilier d’envergure qui sommeillait depuis des années a été réveillé par ses actionnaires de la Costa Brava. Le patrimoine rural n’est pas un petit patrimoine, il m’a semblé évident qu’en tant qu’artiste je ne pouvais pas créer et laisser détruire.* Aussi inspirée par les démarches du centre d’art le Cairn ou de la « Solifilia » définit par le philosophe Glenn Albrecht en 2009 comme « l’amour du lieu traduit en un engagement politique en faveur de la protection des habitats chéris à toutes les échelles, du local au mondial, contre les forces de dévastation. » J’ai commencé à m’inscrire dans le lieu au travers d’actions artistiques, ethnologiques et de démarches patrimoniales.

© Es Sarnalhèrs

Dans ce contexte rural en pleine mutation il semblait crucial de devoir s’impliquer et de la meilleure manière possible, en prenant une place inédite, celle de l’artiste, afin de pouvoir défendre le lieu et l’attachement au lieu. Bien que la pandémie ait un peu ralentit ce travail : ont été publiés 22 revues, ont été classés au patrimoine : le tilleul, ainsi que plusieurs éléments du village (fontaines, église…) différents artistes ont été invités et le projet en plusieurs actes « una rosa es una rosa es una rosa » a été  amorcé pour la constitution d’un conservatoire de rosiers et la valorisation de friches. L’apprentissage de techniques montagnardes et survivalistes (clouer sans clou, nouer sans corde, les ressources végétales…) permettra de développer d’autres projets basés sur les savoirs locaux en désuétude.
* clin d’oeil à l’écrivain Stéphane Laurent

Es Sarnalhèrs