projets / L’ODEUR DE L’APPARITION – innovation
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OAP, L'Odeur de l'Apparition

projet innovant
groupe de travail pluridisciplinaire

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien
EUR CREATES - UCA
Projets émergents, innovation, incubation
et à la Fondation Facim
il est intégré au cycle d'exposition Les paysages du goût
publication, Le sens du milieu, aux éditions Facim

Recherche - Création transdisciplinaire

Ce projet est issu du groupe « Nous avons tous 7 millions d’années » axé sur la mémoire et l’image mentale qui fait appel à la fois à l’art, à l’archéologie et aux neurosciences. C’est un groupe à dimensions variables composé d’un chercheur en neurosciences, d’une physicienne, d’un anthropologue, d’une artiste et d’invités. Se poser la question de la mémoire et de ses mécanismes ouvre un vaste champ de recherche sur l’image, l’image de l’origine ou la naissance des images et permet de déconstruire notre rapport à celles-ci.


Cette installation réunit 17 odeurs différentes, révélées lors d'une performance collective. La pellicule qui recouvre les odeurs est grattée avec les ongles, les clés de voiture, de maison, des pièces... Les gens s'accroupissent, s'attroupent, se mettent sur la pointe des pieds, s'agenouillent... pour sentir les odeurs.

Jardin vue montagne à droite et Saisons savoisiennes à gauche sont deux paysages olfactifs.

en résulte, l'acte de sentir, grattages frénétiques comme pour gagner le gros lot, petites éraflures discrètes et parfois les inévitables tags l’irrépressible besoin de s'écrire

© C. Bouissou

© C. Bouissou
Nez creux _ installation olfactive

Série de portraits photographiques Le sens du milieu, ou comment mettre l’accent sur un sens désaimé – l’odorat – pourtant situé au centre du visage. On n’y voit que le nez, seul en avant, comme un capteur à découvert. Ces portraits de nez sont accompagnés des voix de celles et ceux rencontrés au hasard des routes de Savoie : cueilleurs, agriculteurs, herboristes, jardiniers… Des gens, dont l’activité est intimement liée aux odeurs et aux goûts, qui vivent avec le paysage et qui souvent même le façonnent.
Parce que sentir c’est déjà goûter, je trace un sentier olfactif à travers les usages, les souvenirs et les gestes qui nous relient au paysage. L’odorat est le seul de nos sens à dialoguer directement avec nos émotions ce que l’on respire, souvent sans y penser, façonne notre expérience du monde. Dans ce projet, j’ai voulu laisser sa place, à l’odorat faire de l’invisible une matière sensible. L’odeur est un médium trop rare dans l’histoire de l’art occidental, Menstruation Bathroom (1972), Judy Chicago utilisait l’odeur des menstruations dans son installation pour briser un tabou ; Andy Warhol, lui, considérait que le parfum permettait de prendre plus d’espace et l’utilisait dans ses œuvres. Personnellement, l’odeur m’intéresse pour sa faculté à faire apparaitre des images et parce qu’elle oblige à être là, dans l’instant, à respirer.

 

Le sens du milieu - livre ed. FACIM




Ici ce que l’on trouve ce sont des collectes d’instantanés de bonnes et de mauvaises odeurs. On se rend compte qu’une odeur que l’on jugeait mauvaise peut, au fil du temps, être perçue différemment ; que les odeurs sont des marqueurs d’identité et que nombreux de nos souvenirs sont attachés à celles-ci. Notre nez jamais fermé, toujours aux aguets, nous informe de tout et nous met en garde. Il nous précède. Et c’est par lui que nous avons la capacité de créer des images dans les confins de notre cerveau, des images qui, avec l’odeur, nous sautent à l’esprit : surgissent. C’est derrière nos paupières toute l’œuvre se fait en silence.

Caroline Bouissou